Chapitre 10 (OLD)

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Chapitre 10 (OLD)

Message par Dusky le Lun 25 Déc - 20:58

Inspirer, expirer. Tout était réel et ce que je prenais pour un rêve s'était réellement passé. Je pris le bracelet qui était dans ma poche et m'amusai à le faire glisser entre mes doigts. Jana... Je ne comprenais toujours pas ce que j'avais vu. Comment était-il possible de parler à un cygne dans une forêt étrange, de retrouver un objet appartenant à ma meilleure amie et en plus d'être acteur à la matérialisation de quelque chose d'une autre dimension ? On m'avait prévenu : cet endroit était différent. Mais à quel point ?

Je fermai les yeux et un grand paragraphe de dessins apparut. (Voir média) Qu'est-ce que c'était que ce bordel ?! C'était incompréhensible... Comment étais-je supposé connaître la signification de ce charabia ? Ce n'était qu'une suite de chiffres, de dessins et de signes. Comment pouvais-je seulement tenter de comprendre tout ce bordel ? Je me promis de demander la traduction de ce message à Satya quand je la reverrai.

Mon ventre gargouilla. Je n'avais pas mangé depuis... Longtemps ? Je n'arrivai pas à savoir combien de temps j'avais passé ici, depuis combien de minutes j'avais passé ce foutu portail de malheur. Je saisis mon sac à dos et fis glisser la tirette. Bon sang... La nourriture ! Il n'y avait plus rien, plus rien du tout !

Tout à coup, je sentis une masse sur mon épaule. Légère, mais je sentais qu'il y avait quelque chose. Cette dernière chuchota d'une voix grave.

« Un geste et tu crèves. »

La créature sauta sur le banc en face du mien. C'était un petit animal poilu et roux aux yeux noisette. Il est trop mignon !

« Attends... Qu'est-ce que tu viens de penser, là ? Que j'étais mignon ? Mais non, t'as rien pigé ! Je suis celui qui mettra fin à tes jours ! »

Je rigolai. Un petit machin comme ça ? Attenter à ma vie ? Elle était bien bonne, celle-là !

« Non mais c'est vrai, hein ! Ouais, nan, t'as raison. J'veux pas te tuer. Mais surveille tes pensées : je vois tout dans ta tête ! »

J'hochai de la tête sans vraiment comprendre : il pouvait lire des mes pensées ?

« Oh merde... Me dis pas que tu n'sais pas qui je suis.

-Euh...

-Fait chier ! Pour faire court, je m'appelle Squick et je suis ton teluija.

-Mon quoi ?

-Teluija ! Oh bordel... Tu ne sais pas ce que c'est non plus ? »

Je ne répondis rien, ce qui le fit soupirer.

« Un teluija est un animal, fantastique ou non, étant lié à un humain et possédant... Mince ! Je ne m'en souviens plus... Je l'avais étudié par cœur à l'école avant d'être attribué ! Dis-moi, James... J'ai dormi pendant combien de temps ?

-Combien de temps ?

-Combien de temps as-tu vécu à Bruxelles ?!

-Je...euh.... J'ai toujours vécu là-bas...

-Ce n'est pas possible, James ! Pour avoir un familier, tu dois être né ici ! »

Je le regardai, abasourdi. Je venais... d'ici ? Mais comment était-ce possible ?! On m'avait toujours dit que j'étais né à Bruxelles et que mes parents étaient morts de la scruta, une maladie mortelle. Mais alors... Qui étaient-ils ? Pourquoi m'avaient-ils envoyé dans la Bulle s'ils vivaient ici ? Y avait-il un problème ? Avec moi ? Avec eux ?

« Arrête de te torturer, James. »

Je levai les yeux vers mon teluija.

« Comment cela se fait-il que tu ais "dormi" ?

-Quand tu es parti, j'étais dans une sorte d'hibernation. Si tu n'étais pas revenu, je serai toujours en train de dormir. Et si tu meurs... Et bien, je mourrai aussi. En revanche, si ton âme est assez puissante, tu peux survivre après ma mort. Mais on ne peut pas le savoir avant que je ne meure. »

J'embrassai le silence. Lui mourra quand je mourrai. Mais moi, je pouvais peut-être survivre après la sienne. C'était injuste. Squick ne releva pas. Pourtant, je savais qu'il lisait ouvertement dans ma tête. Comment cela se faisait-il qu'il pouvait le faire, d'ailleurs ?

« Je ne sais pas, James. C'est comme ça. Comme j'ai dormi pendant quatorze ans, j'ai oublié une bonne partie de ce qu'on m'avait enseigné quand j'étais tout petit. Avant de me voir t'être attribué. »

Je soupirai. Ce qu'il me disait ne m'aidait absolument pas. Cela n'expliquait pas pourquoi il pouvait lire dans ma tête et pourquoi mes parents m'avaient envoyé ailleurs. Je regardai la mer. Cette couleur turquoise était magnifique et le soleil se reflétait dans l'eau. Squick prit un air étonné et bondit derrière moi.

« James ! Tourne-toi, regarde ! »

Je fis ce qu'il me dit et me retournai. Il y avait une île à moins d'un kilomètre. Une île ! Mais un problème me ramena vite sur terre : je crevai de faim. Je me retournai vers Squick.

« D'ailleurs... Pourquoi est-ce que t'as bouffé toutes mes provisions ?! J'en avais pour trois mois !

-Euh... Bon, écoute. Je me nourris principalement de thé, de feuilles de thé ou bien de clémentines. Et comme tu n'avais rien de tout cela, j'ai dû combler le vide dans mon ventre en bouffant ce qui me tombait sous la main. Ton sac était limite suffisant. Mais comme ce n'était ni du thé, ni des clémentines, il faut énormément de ressources pour calmer ma faim. Heureusement pour toi, je ne mange qu'une fois par mois ! »

Je roulai des yeux tout en grommelant entre mes dents. J'avais envie de balancer cet animal à la mer ! Il était stupide, tout petit, lisait dans mes pensées et il était... roux.

« Eh oh ! T'as un problème contre les roux ?! »

Je répondis en soupirant et regardai la barque avancer tranquillement vers l'endroit où je pourrai espérer rassasier ma faim. Le silence était devenu pesant, aucun de nous deux ne parlait. Je décidai de casser ce vide.

« Ta famille ne te manque pas ? Enfin, si tu as une famille... »

Un ange passa avant que l'animal répondit.

« Je ne me rappelle plus vraiment de mes parents... Je sais seulement que ma mère était un magnifique écureuil et mon pè...

-Un écu-quoi ?

-Un écureuil ! É-C-U-R-E-U-I-L !

-Oui, merci j'ai compris ! Mais c'est quoi un écureuil ?

-Mais tu es vraiment un ignorant, ma parole ! Un écureuil, c'est moi ! C'est mon espèce ! Le terme écureuil est un nom vernaculaire ambigu qui désigne de nombreuses espèces de rongeurs grimpeurs de taille moyenne, parfois même « volants ». Leur queue, plus ou moins touffue selon les espèces, forme un panache ou un plumeau caractéristique. Ils appartiennent presque tous à la famille des Sciuridés, qui comprend aussi les chiens de prairies et les marmottes, mais quelques écureuils volants font partie de la famille des Anomaluridés.* Content ?

-Attends... Qu'est-ce que c'est un "chien de prairie", un "marmotte" et un "écureuil volant" ?

-Déjà, c'est UNE marmotte. Ensuite, ce sont des teluijas communs. Tu en verras bien assez vite.

-Des teluijas communs ?

-Des animaux qui existaient autrefois dans ton monde ! Ici, on a deux grandes familles de teluijas : les communs, donc ceux qu'on pouvait trouver à l'époque dans ta dimension, et les fantastiques, ceux qui sont issus de contes. Certains sont bienveillants, d'autres neutres ou bien totalement génocidaires. Les bienveillants sont plutôt rares et refusent toute forme de combat, même si leur âme humaine y participe. Les neutres sont pacifistes au début, mais peuvent devenir agressifs si besoin est. Les génocidaires sont les plus dangereux : ils veulent toujours tuer.

Retiens aussi que les teluijas non attribués parce qu'ils ont raté l'école s'appellent les familiers. La plupart des familiers sont des génocidaires. Il existe plusieurs espèces plutôt communes dans les îles : les Gloustreins, des nains de jardins zombies qui veulent ta mort dès que tu franchis leur territoire ; les Sirènes, des femmes-poissons qui te tuent dès que tu pénètres dans leurs eaux sans leur autorisation ; les Feux-Follets, qui protègent leurs sanctuaires et te brûlent si tu n'es pas qualifié ; les Zaranos, des griffons volants qui, dès qu'ils te croisent, veulent t'arracher les yeux. Mais il y a des familiers gentils comme les licornes, les pégases, les chats à deux queues et j'en passe... Tout n'est pas blanc mais tout n'est pas noir non plus.

-Et toi, tu es quoi, Squick ? Bienveillant, Neutre ou Génocidaire ?

-Je suis un teluija Neutre, James. Nous arrivons. »

En effet, l'îlot n'était plus qu'à une dizaine de mètres. Le temps passait vite, quand nous parlions... L'écureuil grimpa sur mon épaule tandis que moi, je me mis debout. Je manquai de tomber, mes jambes étaient ankylosées et j'avais des vertiges plutôt importants.

La barque s'échoua sur la plage et je posai pied à terre. Je m'assis dans le sable et Squick descendit. Il me regarda et déclara :

« Bouge pas d'ici, je vais chercher quelque chose de comestible pour toi ! »

Je le regardai partir au petit galop, s'enfonçant de le sable brûlant par moments. L'île était à l'image que je m'étais formée : du sable en périphérie et une forêt de palmiers en son centre. Il faisait chaud, mais c'était encore supportable.

Plusieurs minutes passèrent et mon compagnon ne revenait pas. Je décidai de me lever. J'hurlai après lui mais il ne répondait pas.

« Squick ?! T'es où bon sang ? »

Pour la première fois, j'avais peur pour quelqu'un que je connaissais à peine dans un monde plus qu'hostile.

* Cette définition provient de Wikipedia
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